Isadora’s Weblog

février 28, 2009

Jules et Jim

Classé dans : Non classé, journal intime — by isadora38 @ 9:32

Je reprends aujourd’hui un texte dont j’avais écrit le brouillon en juin 2008. A l’époque, il m’avait paru inconcru de décrire la situation inédite que je vivais. Je vous la retranscris ci-dessous.

“Je ne peux pas dire qu’il y ait un homme dans ma vie, que je forme un couple avec un homme encore moins; aucun des rares qui se sont proposés pour ce rôle là précisément ne m’ont plu jusqu’à présent.

On dit qu’on attire à nous ce qui arrive.

Cette année, j’ai rencontré quelqu’un de nouveau et j’ai retrouvé un homme que j’avais fréquenté à peine trois mois avant de se quitter. Il y aurait tellement à dire mais la pudeur, une sorte de respect me dictent de me taire.

Le premier est charmant, il est un amant merveilleux mais sait se faire rare.

Le deuxième mais qui est en réalité premier, sous son air calme et sage, cache bien des choses…

le corps de l’un est aussi tiède que celui de l’autre brûlant.

J’aime l’un et l’autre tellement différemment.

Cet état des choses est nouveau et surprenant pour moi.

L’un et l’autre rendent possibles des choses q’ils ignorent. chacun me protégeant de l’autre par exemple, ou de mes propres excès…

cela remet en cause qui je suis, cette femme sage et droite et fidèle, le suis-je encore? suis le jouet des circonstances ou à une croisée de chemin que j’ai toujours désiré?”

J’ai tenu quelques mois à naviguer entre ces deux hommes hors du commun. A un moment, j’ai cessé d’aimer embrasser le premier – le plus brûlant a gagné. L’autre s’est éloigné, insensiblement, a rencontré une autre femme, plus éligible que moi mais qui semble loin de le satisfaire tant au plan physique qu’intellectuel.

Ce sont là deux hommes-chats, aussi indépendants qu’attachants, tendres et d’une grande sensualité.

Tous deux des intellectuels, des hommes d’esprit; cinéphiles, cultivés; capables d’abattre une masse de travail considérable; humanistes mais de manière quasi-opposée l’un à l’autre (un gauchiste, l’autre non). J’ai eu de la chance de les avoir croisé et d’avoir su les charmer.

Je ne sais pas si, s’étant rencontrés ils auraient pu devenir amis comme Jules et Jim; ça l’histoire ne le dira pas; pas plus que je n’irai me tuer en voiture avec l’un d’eux!

décembre 3, 2007

Ma mère sans transition vers le légionaire

Classé dans : Non classé — by isadora38 @ 9:11
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Ou maman. Pour ne pas commettre d’injustice, j’écrirai aussi sur mon père, un jour.

Je ne pourrai jamais poser des mots justes pour dire cette femme, Maman et ma relation avec elle; ce sera forcément un peu caricatural.

ça c’est ce que j’avais commencé à écrire hier-matin, parlant de l’ambivalence de ma relation avec ma mère – cet amour sans fond et cette distance que je pose désormais. Je l’ai tellement jetée, détestée et pour finir je ne ressens qu’amour tant qu’elle ne me met pas en colère.

Mais hier, les choses se sont bousculées; connection à mon site de rencontre favori – je précise, depuis juillet dernier, aucune nouvelle tête rencontrée par ce moyen. et depuis plus longtemps encore, pas l’ombre d’une aventure. Je m’étais résignée  à terminer l’année comme ça, avec une sorte de virginité retrouvée.

Pour faire court, hier après-midi je me suis retrouvée chez ce jeune homme que je ne connaissais pas. j’avais entendu sa voix au téléphone et vu sa photo, cela me suffisait. Il est militaire, légionaire. On a eu besoin d’un prétexte, pour le cas où; se visionner un dvd; il me proposa Mafia blues 2 avec De Niro, et j’avais envie de voir une comédie. Nous nous sommes assis tous deux devant son grand écran; il m’a préparé un thé; nous avons parlé un peu de nos vies; vers le début du film, De Niro rencontre un problème avec le psy qui le suit car celui-ci l’a emmené chez lui à sa sortie de prison, mais que Robert a fait venir une pépée… particulièrement bruyante quand elle fait l’amour – inacceptable dans cette famille bon-teint; on a zappé le reste du film: à ce moment là, il m’a suggéré de me rapprocher de lui, il y faisait bon je me suis collée un peu plus… malgré son jeune âge il était bien expériementé et fut, à l’image du personnage joué par Robert de Niro, absolument délicieux – “t’es le coup du sciècle toi”. Deux heures de bonheur sous couette : j’en suis encore bien sur-prise.

Il m’avait raconté ses amours – les hommes racontent souvent leurs amours passées – enfin pas tous mais certains – sa mère d’abord dont il avait mis le mec à la porte car il la trompait (ça ne vaut pas la peine de soufrir et pleurer pour quelqu’un qui ne nous aime pas), une jeune musulmane pendant quatre ans, au bout desquelles elle était tombée enceinte et s’était trouvée renvoyée en Algérie, une autre qui finit par partir en Australie, et une dernière, gogo-danceuse juive qui finit par partir en Israël.

m’a dit que j’étais chou, mon légionaire d’un dimanche après midi venté et pluvieux.

j’ai vécu ça et je suis seule. j’ai retrouvé le sourire 24 heures moi qui avait passé deux soirées seule à pleurer. Comme quoi, il suffit de peu…

novembre 28, 2007

fantasme (1er)

ça commence à faire longtemps que je n’ai pas fait l’amour; jusqu’à présent j’avais été assez satisfaite de ne jamais dépasser le stade des trois mois totalement à jeun, même si parfois ce qui rompait la période d’abstinence était une passade dénuée d’intérêt. Je dépasse désormais ce cap, sans encombre ou presque.

Alors forcément, par moment, ça me travaille; une voix masculine suffit à me mettre en émoi. Je repense aux moments du passé.

J’ai débuté mes relations charnelles avec les hommes dans le parc de Sceaux. Ce n’était pas vraiment mon premier baiser, mais le premier vrai baiser, celui qui vous touche parce qu’il éveille les sens. Ce n’était pas une relation amoureuse : il était le mec le plus coureur et sexy que je connaissais. Une année côte à côte en classe nous avait rapproché, même si je l’avais déà repéré l’année d’avant – quand je le voyais avec une autre, j’avais ressenti cette pointe de jalousie caractéristique des vraies attirances. Il n’avait même pas eu besoin d’éliminer en camarade que j’aimais beaucoup – mais d’esprit seulement – et qui lui, était sincèrement épris ; de là à dire que je n’étais qu’une dinde… cela reste une question à laquelle je me garderai de répondre.

donc ce soir de juin dans le parc de Sceau, sur une plaisanterie : il s’était porté volontaire pour venir faire un footing avec moi. ça a dérappé; je l’avais cherché; il m’avait emballée et j’en était fort gaie (en bonne dinde facile et bientôt farcie) ; planqués sous les buissons, le gardien avait dû nous débusquer à la sortie.

les seuls vrais bon moments avec lui sont ceux que j’ai passé dans les lieux les plus incongrus – cuisine d’étage de telle école; les douches de la maison des mines; mais finalement ça a peu duré et il n’y a pas eu beaucoup d’occasions.

Je me demande avec le recul si ce qu’il y avait de meilleur dans ce qu’il m’avait offert n’était pas ce sublime sandwich au poulet qu’il m’avait lui-même préparé un soir – non qu’il fût mauvais amant loin de là mais je n’étais pas assez mûre pour apprécier ses talents à leur valeur, – il avait sans doute un talent inexploité de cuisinier.

Je n’ai jamais fantasmé sur l’idée de faire l’amour dans les douches de la maisons des mines de la rue saint-Jacques, mais maintenant, quand j’y passe pour quelque raison autre, je me souviens de ce lieu avec le sourire. J’aime être surprise par quelque chose d’insolite car porté par la force du seul désir – un désir tellement fort qu’on est prêt à se planquer dans les toilettes pour se retrouver sans heurter le sens commun.

Les toilettes aussi j’ai connu – pas tous mais certains toilettes des étages de chambre de bonne de certains immeubles parisiens ; un amant d’un moment en était le spécialiste; je me souviens de cet immeuble rue Papillon, je trouvais le nom si joli. C’est terrible cette idée de faire des cochonneries dans les toilettes; quoique les toilettes du Crillon valent le détour avec leurs faux marbres et les petites serviettes éponges blanches que l’on peut tenter de glisser dans son sac en toute discrétion (idéal pour essuyer les bouches des marmots le matin quand ils ont terminé leur tartine de nutella).

Il ne m’est jamais rien arrivé dans un ascenceur, sinon de rougir; je rougis quand je crois que si l’homme qui est en face se jette sur moi, je serai incapable de lui résister, et qu’il pourrait même me faire l’amour en public si ça lui chantait – à moins que ce ne soit n fantasme exhibitionniste refoulé de ma part – allons donc… après tout écrire un blog et parler de son intimité est exhibitionniste, quelque chose de névrosé, profondément.

Avant d’aller dormir, au moment de la prière du soir, une pensée pour les églises, et ces petites cages de bois fermées où les gens allaient à confess – bon ça doit être tout petit là dedans à deux; et comment faire pour s’y glisser discrètement et sans faire de bruit (déguiser l’homme en curé???).

Pourquoi est-ce quand je suis le plus sexuellement agitée que je me réfugie le plus dans la fraîcheur et le calme (relatif) des églises? à cet égard, cela fait longtemps que je n’y ai mis les pieds!

je n’ai pas terminé les bavardages sur ce sujet – mais si vous en voulez davantage, cher lecteur, il serait bon de m’y encourager…

novembre 18, 2007

1er jour

Classé dans : Non classé — by isadora38 @ 1:49
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C’est la première fois que j’ouvre un blog et je me sens presque intimidée.

On est dimanche et il fait froid, très froid. Mes mains sont presque violettes et mes pieds sont glacés – c’est le prix à payer pour arriver à faire quelques économies de chauffage cette année. Il fait tellement froid que le thé que je me suis préparé refroidit beaucoup plus vite que d’habitude; à peine versé qu’il est déjà tiède.

Ce week-end je suis seule. Mes enfants sont avec leur père. Mes enfants sont trois, un garçon et deux filles. J’ai encore pesté contre ma plus grande qui laissé sa doudoune à la maison, avec ce froid! elle lui préfère le manteau léger de chez DKNY qui est certes beaucoup plus stylé et à son goût – il faut croire que pour elle avoir froid est une notion secondaire par rapport à celle d’être à la mode. Et moi de risquer de passer pour une mère incompétente.

Depuis début octobre je passe l’essentiel de mes we sans enfants seule; du vendredi soir au dimanche soir. J’essaie d’apprivoiser cette solitude, d’arriver à la vivre sans trop sombrer dans une humeur dépressive. Je cours par tous temps, je médite, je dépense le peu de sous que j’ai, je lis un peu, et vais au cinéma à l’occasion. Je voudrais aller voir L’Homme Sans Passé de Coppola. Et il y a de nombreux livres que j’aimerais lire. Quand j’aurai un appareil numérique je ferai une photographie des piles de livres que j’ai encore à lire chez moi, et j’en ferai une illustration de ce blog.

Récemment j’ai lu Lettre à D. de André Gortz. Je l’ai lu d’une traite, et l’ai trouvé d’une lecture facile et intéressante. Cette lecture m’a donné envie de lire d’autres livres de cet auteur. Avec le recul, je ne peux m’empêcher de penser que cette déclaration d’amour à sa compagne (j’ai envie de dire déclaration posthume) est presque celle d’un homme qui se réveille, regarde en arrière et se dit, cette femme qui est restée tout le temps à mes cotés, sans qui je n’aurais pas fait la moitié de mon oeuvre, comme j’ai été ingrat avec elle, trop dur, pour elle qui a tant porté, alors que je l’aimais à chaque instant. Ce qui me frappe dans ce livre, c’est qu’il est question d’Elle, mais en même temps, la femme n’apparaît qu’en filigranne, malgré de longues années partagées. Comme si une irréductaible séparation des êtres était au coeur de leur union. Cette femme reste “autre”; son intimité, son être nous échappe. Peut-être est-ce simplement de la pudeur. On devine un comportement extérieur lisse, mais quelles soufrances physiques elle a dû endurer!

Hier soir je lisais La Condition de l’Homme Moderne de Arendt; cela doit faire six mois que j’ai commencé cette lecture, sur les conseils d’un copains msn qui me disait “oui c’est d’une lecture facile…” pas pour moi apparemment; je trouve ce livre très riche en idées, même si je ne comprends pas tous les passages. Avec le recul je me dis que j’aurais dû prendre des notes, mettre sur un coin de papier les quelques idées que j’arrivais à appréhender.

J’estime ne pas pouvoir faire l’impasse sur la raison d’être de ce blog : je crois que c’est une tentative, sans doute assez vaine, de participer à l’aventure interntienne du monde moderne. On étale sa vie privée à un public d’anonymes – et encore, si j’ai la chance d’avoir quelques lecteurs – à défaut d’inviter du monde chez soi ou d’être invité et d’avoir une vie mondaine bien remplie. J’ai envie d’exister, d’être au-delà de la petite femme discrète que j’apparais aux autres, de la petite employée, collaboratrice de untel, la maman de E. (comme disent les camarades de classe de ma plus jeune fille quand je les croise dans la rue), et l’occupante de tel lopin de terre, de tel logement à tel numéro de telle rue.

Il m’apparait comme une manière de faire exister mon incessant bavardage intérieur – mais je ferais peut-être mieux de l’inciter à se calmer, cette petite voix. Ce même bavardage qui fait dire à mes professeurs, puis mon chef “Florence, tu rêves, tu es dans la lune” – et moi de leur répondre depuis peu – “mais il n’y a rien qui se passe”.

En même temps, je me méfie du déballage de l’intime, même s’il me tente terriblement. Je me souviens trop bien de ce qui s’est passé le jour où on ex-mari avait découvert mes carnets , mes tourments de l’époque, et le peu de place que je lui y accordait. Et pourtant je ne peux pas dire que je ne l’aimais pas. Au contraire, notre rupture fut un déchirement.

La découverte de l’intime n’est jamais anodine; je détiens le journal de mon arrière-grand-mère; vers l’âge de 20 ans elle a noircit une vingtaine de pages. Elle y écrit avec sincérité. Sa mère lui avait offert ce cahier, et avait laissé en préambule le poème suivant http://www.recmusic.org/lieder/get_text.html?TextId=7167, sauf que le titre était “Schweige Still” garde le silence, tais-toi, ne te fies qu’à Dieu jamais aux hommes. Sur la denière page écrite du journal, figure quelques lignes écrites par un homme au crayon à papier “Noch Ganz errschüttert von die Lectüre dieser Seiten, will auch ich versuchen, Ihre, Jenerste zu entsagen; wergessen werde ich Sie nie! … Herbst 1915″. Cet homme avait dû connaitre mon grand-père qui avait 10 ans en1915 mais n’était pas son père. Son existence a longtemps été cachée et nous ignorons son nom.

Bonjour tout le monde !

Classé dans : Non classé — by isadora38 @ 9:27

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