Isadora’s Weblog

décembre 5, 2007

Dérisoire

Classé dans : journal intime — by isadora38 @ 10:50
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Aujourd’hui, j’ai songé à quel point mes amours et aventures ont été dérisoires; que reste-t-il lorsque les moments, les bons et les moins bons sont passés?

D’une aventure dimanche il ne me reste… rien qu’un souvenir fugace.

Heureusement que j’ai eu des enfants.

J’étais surprise ce matin en voyant mon fils sortir de son collège-lycée; il avait changé, quelque chose du petit garçon en lui avait disparu, ses traits se s’étaient affermis, j’en étais contente. Il est fier de sa jeune soeurette; il racontait comment un copain, voyant un groupe de filles plus jeunes dit “ah mais il y en a une qui est belle”, désignant sa soeur – non qu’elle corresponde en tous points aux canons de l’époque, mais, oui, elle dégage quelque chose, elle a l’air si calme, impérieuse et douce, impénétrable, un peu comme son père, sous ses traits lisses, ses cheveux blond et son regard clair.

Ce soir, comme d’habitude, ma petite E. avait du mal à s’endormir. Plus si petite, mais si frêle, au visage délicat et fin, et si tigresse en famille! le soir son esprit s’agite; elle me racontait ses histoires compliquées avec ses copines; et ce camarade, fils d’agent immobilier du coin, qui veut diriger et gronder tout le monde. Je me transforme alors en professeur de yoga et lui fait faire une séance de relaxation, je commence par son visage, je lui dis de laisser sa tête reposer sur son oreiller, de détendre les muscles de son front, de ses yeux, de ses mâchoires, de les laisser se reposer, je continue avec la nuque, le cou, les pieds, les mollets, cuisses, dos, bras, et je finis en lui disant qu’elle est dans un endroit qu’elle aime avec tous ceux qu’elle aime, et en général ses yeux sont clos et elle est endormie. Quand elle était toute petite je lui disais tous les jours qu’elle était la plus merveilleuse des bébés filles. Aujourd’hui elle me disait que seuls les adultes étaient gentils avec elle. Son grand frère la rudoie malgré les interdictions, et sa grande soeur est sans cesse occupée et pressée, et moi, je travaille.

Ce soir, E. a volé un cahier que sa grande soeur employait pour écrire et faire des dessins; elle a rageusement biffé le nom de sa soeur et écrit le sien à la place . Je lui ai dit que ce cahier devait retourner chez sa soeur; elle voulait un cahier – oui c’est d’accord – mais, me répond-elle, je ne sais pas écrire, et je ne peux demander ni à mon frère ni à ma soeur de m’aider (ils sont occupés et pas tendres… en “bons” frères et soeurs face à une petite soeur qui sait diablement bien occuper l’espace familial…). Au fond j’ignore ce qu’elle peut vouloir écrire.

De nouveaux schémas se trament ici sous mon toit et moi je ne vois rien.

décembre 3, 2007

Ma mère sans transition vers le légionaire

Classé dans : Non classé — by isadora38 @ 9:11
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Ou maman. Pour ne pas commettre d’injustice, j’écrirai aussi sur mon père, un jour.

Je ne pourrai jamais poser des mots justes pour dire cette femme, Maman et ma relation avec elle; ce sera forcément un peu caricatural.

ça c’est ce que j’avais commencé à écrire hier-matin, parlant de l’ambivalence de ma relation avec ma mère – cet amour sans fond et cette distance que je pose désormais. Je l’ai tellement jetée, détestée et pour finir je ne ressens qu’amour tant qu’elle ne me met pas en colère.

Mais hier, les choses se sont bousculées; connection à mon site de rencontre favori – je précise, depuis juillet dernier, aucune nouvelle tête rencontrée par ce moyen. et depuis plus longtemps encore, pas l’ombre d’une aventure. Je m’étais résignée  à terminer l’année comme ça, avec une sorte de virginité retrouvée.

Pour faire court, hier après-midi je me suis retrouvée chez ce jeune homme que je ne connaissais pas. j’avais entendu sa voix au téléphone et vu sa photo, cela me suffisait. Il est militaire, légionaire. On a eu besoin d’un prétexte, pour le cas où; se visionner un dvd; il me proposa Mafia blues 2 avec De Niro, et j’avais envie de voir une comédie. Nous nous sommes assis tous deux devant son grand écran; il m’a préparé un thé; nous avons parlé un peu de nos vies; vers le début du film, De Niro rencontre un problème avec le psy qui le suit car celui-ci l’a emmené chez lui à sa sortie de prison, mais que Robert a fait venir une pépée… particulièrement bruyante quand elle fait l’amour – inacceptable dans cette famille bon-teint; on a zappé le reste du film: à ce moment là, il m’a suggéré de me rapprocher de lui, il y faisait bon je me suis collée un peu plus… malgré son jeune âge il était bien expériementé et fut, à l’image du personnage joué par Robert de Niro, absolument délicieux – “t’es le coup du sciècle toi”. Deux heures de bonheur sous couette : j’en suis encore bien sur-prise.

Il m’avait raconté ses amours – les hommes racontent souvent leurs amours passées – enfin pas tous mais certains – sa mère d’abord dont il avait mis le mec à la porte car il la trompait (ça ne vaut pas la peine de soufrir et pleurer pour quelqu’un qui ne nous aime pas), une jeune musulmane pendant quatre ans, au bout desquelles elle était tombée enceinte et s’était trouvée renvoyée en Algérie, une autre qui finit par partir en Australie, et une dernière, gogo-danceuse juive qui finit par partir en Israël.

m’a dit que j’étais chou, mon légionaire d’un dimanche après midi venté et pluvieux.

j’ai vécu ça et je suis seule. j’ai retrouvé le sourire 24 heures moi qui avait passé deux soirées seule à pleurer. Comme quoi, il suffit de peu…

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