Isadora’s Weblog

novembre 28, 2007

fantasme (1er)

ça commence à faire longtemps que je n’ai pas fait l’amour; jusqu’à présent j’avais été assez satisfaite de ne jamais dépasser le stade des trois mois totalement à jeun, même si parfois ce qui rompait la période d’abstinence était une passade dénuée d’intérêt. Je dépasse désormais ce cap, sans encombre ou presque.

Alors forcément, par moment, ça me travaille; une voix masculine suffit à me mettre en émoi. Je repense aux moments du passé.

J’ai débuté mes relations charnelles avec les hommes dans le parc de Sceaux. Ce n’était pas vraiment mon premier baiser, mais le premier vrai baiser, celui qui vous touche parce qu’il éveille les sens. Ce n’était pas une relation amoureuse : il était le mec le plus coureur et sexy que je connaissais. Une année côte à côte en classe nous avait rapproché, même si je l’avais déà repéré l’année d’avant – quand je le voyais avec une autre, j’avais ressenti cette pointe de jalousie caractéristique des vraies attirances. Il n’avait même pas eu besoin d’éliminer en camarade que j’aimais beaucoup – mais d’esprit seulement – et qui lui, était sincèrement épris ; de là à dire que je n’étais qu’une dinde… cela reste une question à laquelle je me garderai de répondre.

donc ce soir de juin dans le parc de Sceau, sur une plaisanterie : il s’était porté volontaire pour venir faire un footing avec moi. ça a dérappé; je l’avais cherché; il m’avait emballée et j’en était fort gaie (en bonne dinde facile et bientôt farcie) ; planqués sous les buissons, le gardien avait dû nous débusquer à la sortie.

les seuls vrais bon moments avec lui sont ceux que j’ai passé dans les lieux les plus incongrus – cuisine d’étage de telle école; les douches de la maison des mines; mais finalement ça a peu duré et il n’y a pas eu beaucoup d’occasions.

Je me demande avec le recul si ce qu’il y avait de meilleur dans ce qu’il m’avait offert n’était pas ce sublime sandwich au poulet qu’il m’avait lui-même préparé un soir – non qu’il fût mauvais amant loin de là mais je n’étais pas assez mûre pour apprécier ses talents à leur valeur, – il avait sans doute un talent inexploité de cuisinier.

Je n’ai jamais fantasmé sur l’idée de faire l’amour dans les douches de la maisons des mines de la rue saint-Jacques, mais maintenant, quand j’y passe pour quelque raison autre, je me souviens de ce lieu avec le sourire. J’aime être surprise par quelque chose d’insolite car porté par la force du seul désir – un désir tellement fort qu’on est prêt à se planquer dans les toilettes pour se retrouver sans heurter le sens commun.

Les toilettes aussi j’ai connu – pas tous mais certains toilettes des étages de chambre de bonne de certains immeubles parisiens ; un amant d’un moment en était le spécialiste; je me souviens de cet immeuble rue Papillon, je trouvais le nom si joli. C’est terrible cette idée de faire des cochonneries dans les toilettes; quoique les toilettes du Crillon valent le détour avec leurs faux marbres et les petites serviettes éponges blanches que l’on peut tenter de glisser dans son sac en toute discrétion (idéal pour essuyer les bouches des marmots le matin quand ils ont terminé leur tartine de nutella).

Il ne m’est jamais rien arrivé dans un ascenceur, sinon de rougir; je rougis quand je crois que si l’homme qui est en face se jette sur moi, je serai incapable de lui résister, et qu’il pourrait même me faire l’amour en public si ça lui chantait – à moins que ce ne soit n fantasme exhibitionniste refoulé de ma part – allons donc… après tout écrire un blog et parler de son intimité est exhibitionniste, quelque chose de névrosé, profondément.

Avant d’aller dormir, au moment de la prière du soir, une pensée pour les églises, et ces petites cages de bois fermées où les gens allaient à confess – bon ça doit être tout petit là dedans à deux; et comment faire pour s’y glisser discrètement et sans faire de bruit (déguiser l’homme en curé???).

Pourquoi est-ce quand je suis le plus sexuellement agitée que je me réfugie le plus dans la fraîcheur et le calme (relatif) des églises? à cet égard, cela fait longtemps que je n’y ai mis les pieds!

je n’ai pas terminé les bavardages sur ce sujet – mais si vous en voulez davantage, cher lecteur, il serait bon de m’y encourager…

novembre 25, 2007

du Tao à l’Ecclésiaste

Classé dans : journal intime — by isadora38 @ 11:33
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Eté 2006; je passe mon habituel mois d’août sans mes enfants à Paris. Aucun amour d’été ne se profile à l’horizon, tout au plus deux aventures dont l’une sans intérêt. Je vais assez mal.

Je me rends régulièrement dans une librairie ésotérique et spirituelle près de mon lieu de travail. Je fouine sans trop savoir ce que je cherche. J’élimine souvent des livres qui ne me semble que supercherie. Je m’intéresse pas mal aux livres traitant de la sexualité; peut-être d’autant plus que je fais rarement l’amour depuis l’été 2000(depuis 2003 une petite dizaine de fois par an en moyenne? avec plus sur une période de 9 moi en 2005) , ie depuis que je ne suis plus avec le père de mes enfants – je ne devrait jamais le dire ou l’écrire, toute forme de misère (affective et sexuelle dans ce cas) joue toujours comme un repoussoir. Une jeune iranienne (rencontrée via mon ami manouche, car elle avait essayé de séduire un ami à lui qui était fort beau, mais il s’était trouvé que c’état moi qui lui plaisait et non elle) m’avait expliqué qu’il faut toujours dire qu’on est super entourée, qu’on a pleins d’amis, même quand ce n’est pas vrai; elle a raison; je suis un bébé naïf.

Et un jour je tombe sur le livre de Mantak Chia “Sexualité Féminine – le Tao de l’amour retrouvé”. Je suis séduite, fascinée. J’ai le désir d’essayer, de mettre en pratique, d’explorer. Evidemment je commence par le commencement qi est expliqué dans le livre : la mise en place de l’orbite micro-cosmique. Il n’y a rien de sexuel là-dedans. Il s’agit d’une forme de méditation. Je me mets à faire un peu de méditation tous les matins. J’achète d’autres livres sur la méditation taoiste : Méditations du Tao (presses du Chatelet) et Le Silence du Dragon – Santé, énergie et méditation selon le Tao (Gerard Edde).

J’essaie de mettre en pratique; car je comprends assez vite, que l’essentiel tient non pas dans la lecture et l’assimilation de livres mais dans la seule pratique du “s’assoir en paix”, du “non-agir” etc…

Mais le seul exercice de la méditation en solo ne suffit pas à m’aider à trouver la paix en moi. Une belle rencontre me chamboule un peu, et quand je rompt, jugeant la situation impossible et insupportable, je suis sens-dessus-dessous comme jamais depuis la séparation d’avec le père de mes enfants. C’est à ce moment que sur une impulsion, je décide de me mettre au yoga. ça commence par un contact avec une personne exerçant au centrede lîle Saint-Louis (http://www.espace-saint-louis.com).

Je me mets au Yoga et au Qi Gong. Je commence à aller mieux. Je découvre à quel point esprit et corps interagissent l’un avec l’autre. J’apprends que je peux faire taire mon bavargdage intérieur incessant, pour laisser place à autre chose, mais que cet exercice m’est difficile. J’apprends à mieux respirer. Les choses changent impreceptiblement. Cela prend du temps. Les émotions sont comme des vagues;lorsque j’arrive à prendre conscience d’une émotion à un moment donné, je découvre qu’il y a mon soi, et l’émotion, et je fais moins bloc avec elle; elle est là, fait partie de moi et en même temps n’est pas “tout” moi; ce qui était l’impression que j’ai longtemps eu.

Automne 2007, nouveauté: je me mets à vouloir apprendre des textes par coeur, comme les enfants à l’école. Je pensais que je n’en avais plus les moyens, et je me trompais. Je commence par celui-ci :

 

Quand le Tao prédomine dans le monde, les chevaux sont rendus aux paysans pour cultiver les champs.

Quand le Tao ne prédomine pas dans le monde, même les juments pleines servent à la guerre.

Il n’est pas de plus grand crime que l’avidité.

Il n’est pas de plus grand désastre que l’insatisfaction.

Il n’est pas de plus grande défaite que la convoitise.

Ainsi, celui qui est content d’être content sera toujours content.

(Lao Tseu)

je poursuis, j’apprend d’autres textes qui me parlent et je me les récite comme des mantras, pendant mes séances de footing ou dans les transports en commun.

Le suivant me parle très concrètement :

Dans tous tes actes, prends conscience de l’instant présent. Oublie le poids du passé, la peur de l’avenir. Evite les questions, les hésitations, l’incertitude. Si tu entends être heureux(se), soit présent(e) à toi-même, en accord avec le monde qui t’entoure, en communion amoureuse et fervente avec l’instant, sans perdre ta lucidité.

ou celui-ci encore :

Les territoires intérieurs sont parsemés d’embûches et de pièges. Ce sont les mannies, les mauvaises habitudes, les blessures de l’âme jamais guéries. Descend en toi muni de la lampe du Tao. Prends conscience de la merveilleuse avanture qui s’offre à toi. Il n’y a pas eu d’autre voyageur avant toi.

et bien d’autres.

Dans la même veine, j’ai voulu me replonger un peu dans la Bible. Après mon divorce, je n’arrivais plus à ouvrir ce livre; chaque fois que je lisais des lignes qui pouvaient être interprêtées de manière culpabilisante, je me sentais agressée, mal. La phrase qui résonnait en moi était Vanité des vanité… j’ai lu et relu l’Ecclésiaste, les Proverbes, mais cette fois-ci à la lumière du Tao : ça change tout. L’état d’esprit (et même l’état émotionnel) avec lequel on aborde ces texte modifie le regard que l’on porte dessus. De l’Ecclésiaste j’ai appris quelques très courts passages. Ils me parlent.

Avant quand je lisais que la femme était amère, je le prenait comme une phrase machiste au sens littéral; or ce n’est pas la femme qui est visée, mais l’homme qui court après toutes les jolies femmes, les unes après les autres et/ou en parallèle, sans jamais en rendre heureuse une seule. mais là aussi je tombe dans une moralisation stupide, le jugement de l’autre qui n’a pas lieu d’êre.

“…Tout ce que ta main trouve à faire, fais le de tout ton pouvoir, car dans le Royaume des morts où tu vas, il n’y a plus ni travail, ni science, ni intelligence, ni sagesse.

…”

sur ce il est temps que j’aille mettre cette dernière phrase en pratique, j’ai une maison à tenir, des enfants à élever!

novembre 21, 2007

trash & new sex contact

Classé dans : journal intime — by isadora38 @ 11:22
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pas de quoi en être fière – je vous retranscrit l’échange que j’ai eu avec un internaute :

- (lui) slt aimes tu avoir du foutre plein la bouche..?

- (moi) est-ce que tu aimes te faire sodomiser avec un toy?

- oh oui alors!

- ah ben alors ya peut-être moyen de s’entendre…

- hum cool figures toi que j’ai un god chez moi

- ah mais un gode seul, c un peu court…j’ai un gel de silicone chez moi avec ça doit être mieux…

- ok tu veux qu’on se fasse une soirée bientot?

- etc…

– slt tu t’es dejà caressée sous une table de restaurant..?

sur le moment je trouvais amusant de répondre (cet échange sporadique s’est déroulé sur une période de quelques jours)- à la relecturen c’est terriblement plat – mais si ça peut faire croître le nombre de mes lecteurs…

j’ai quand même appelé ce “charmant ” jeune homme, qui a une bien belle voix.

Théorème de Thalès

Classé dans : journal intime — by isadora38 @ 11:00
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Mon fils est revenu hier avec une note excessivement médiocre à un devoir de mathématique. L’essentiel des exercices portaient sur l’application du théorème de Thalès. Je garde un excellent souvenir de la classe de troisième ; c’est là que je commençai à apporter à mon père des exercices de géométries susceptibles de lui donner du fil à retordre ; c’est dans les classes de 4ème et 3ème que l’on apprend vraiment à faire des démonstrations ; la professeur que j’avais à l’époque faisait des cours très structurés, tout était propre, net, logique, bien écrit et bien posé : un monde merveilleux. A coté, le devoir de mon fils est une quasi-calamité ; pas de méthode et de règle ; rédigé de manière approximative et elliptique ; la professeur de mathématique a pris mon fils en grippe. A la décharge de mon fils, les exercices sont devenus simplistes, répétitifs, et les démonstrations se résument à une application directe et évidente du théorème de Thalès. Le livre de mathématique de mon fils donne l’impression d’avoir été rédigé par des anciens naturalistes convertis aux mathématiques : on y présente des propriétés, on observe des figures comme si les mathématiques étaient un art de l’observation alors qu’au contraire, il s’agit d’une structuration de la pensée par un raisonnement d’une logique implacable. Le livre ne comprend pas une ligne de démonstration dans le chapitre sur le théorème de Thalès et est enrichi de notions extra-mathématiques comme « l’ordre des points » ; j’avais appris que toute notion devait être définie ou faire l’objet d’un axiome, ce n’est plus le cas ; cette rigueur est absente du livre, comme si on avait peur de présenter les mathématiques sous cet angle. En mathématiques l’à peu près et l’indéfini n’existent pas ; mon fils est trop tenté de bâcler sa démonstration en une ligne et évidemment parfois il m’est arrivé de bachoter en parcourant des annales du bac, en résolvant chaque exercice mentalement. Tiens, parenthèse, on retrouve cette rigueur dans les contrats juridiques que je croise dans ma vie professionnelle. Pour éclairer mon fils, j’ai imprimé les pages du site suivant : http://www.ilemaths.net/maths_3_thales_cours.php que j’ai trouvé plus accessible que wikipedia pour un élève de 3ème.

bavardage – communautés

Classé dans : journal intime — by isadora38 @ 10:58
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Voilà je commence un blog, je dois donc me présenter. Dans la vie réelle, rien ne m’est plus difficile que de parler de moi. Je bute sur un immense blanc, comme si au fond je n’avais pas la moindre idée de qui je suis ; ou plutôt je suis incapable de mettre des mots dessus et de réduire l’écart entre le dehors et le dedans.

Je suis française née à l’étranger et de parents étrangers. Mais qu’on ne se méprenne pas, je suis une occidentale 100% pur sucre. Ici, je ne fais partie d’aucune communauté vraiment, enfin il s’agit surtout d’un sentiment. Les gens se fréquentent entre eux : bourgeois et français de souche partageant la même éducation, bobos de gauches, et par origine aussi. Alors peut-être que je ne me reconnais pas dans mes origines, mes parents sont trop singuliers pour en être de « bons » représentants de leurs pays d’origines. Ils les ont quittés parce qu’il ont trouvé une meilleure place ici, à deux, en France qu’ils n’auraient trouvé dans ‘l’un ou l’autre de leurs pays d’origine.

Ce n’est sûrement pas un hasard si les hommes que j’ai fréquentés étaient très souvent membres d’une communauté, pour pas dire d’une tribu ou clan.

Dans le même ordre je crois, mon frère ma sœur et moi avons été poussés à décrocher les diplômes des meilleures écoles française. Est-ce le reflet de l’ambition sociale de ma mère ou le sentiment d’une nécessité ? le désir de réussir ce qui est présenté comme “le mieux” est sans doute naturel chez un enfant, mais cela eclipse ses désirs propres. Sans doute que cette forme de réussite a rendu mes parents encore plus fréquentables qu’ils ne l’étaient dans la xénophobie ambiante, car celle-ci existe aussi pour les occidentaux étrangers.

Ma mère a toujours poussé ses enfants à choisir la sécurité, un bon diplôme lui semblait un être une sorte de filet de sécurité indispensable ; elle aurait volontiers choisi pour chacun de ses enfants le fonctionnariat. Comme si nous aurions été incapables de survivre grâce à nos seules capacités intrinsèques. Dire qu’elle avait confiance en nous… la confiance en soi s’apprend dès le berceau ; le « attention tu vas tomber » de la mère face au jeune enfant qui escalade une chaise pour la première fois n’est que le début d’un long et insidieux travail de sape.

 

Pour revenir aux communautés : j’ai connu de la bourgeoisie de province de droite (je m’y suis mariée ), et plus tard, et de beaucoup plus loin, la bourgeoisie marocaine, la bourgeoisie manouche (gitane, c’est un peu un non-sens de les appeler bourgeois, mais tout en étant des gens du voyage, ceux-là sont propriétaires de leurs terres, possèdent des maisons, exercent dans le commerce, se lèvent tôt pour aller travailler sur les marchés, les chantiers ou démarcher des clients, et appliquent leur propre code de savoir-vivre etc…), et la diaspora juive (mais ceux-là de loin et pas longtemps, pour avoir été maladroitement blessée par un qui me faisait sentir à quel point j’étais non grata chez eux, et alors qu’il en allait de même dans les autres communautés citées sans que cela pose de problème dans ma relation à l’autre – peut être parce que je n’ai vraiment été amoureuse que de cet homme juif jusqu’au bout des ongles mais ô combien charmant et attachant).

Accessoirement, être diplômé de telle école, c’est déjà faire partie d’une communauté. Quand je dis que je ne fais partie d’aucune, je mens.

 

novembre 18, 2007

Vertige

Classé dans : journal intime — by isadora38 @ 4:26
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J’ai ouvert un blog pour la première fois.

Pourtant je ne suis pas une grande adepte de la lecture de blogs; cette activité devient vite très chronophage, et inutile. Je découvre aujourd’hui l’étendue de cet univers des blogs, et j’ai le vertige; là-dedans je ne suis rien; une goutte d’eau dans l’océan tout au plus. Y aura-t-il seulement une personne pour me lire?

Il faudra que je commence par lire les autres, même si la plupart du temps je n’ai pas vraiment envie de les lire ou je lis mais en diagonale.
Je lis en diagonale parce que cela ne me “parle” pas. Je suis lectrice occasionnelle; à la réflexion, je n’accroche vraiment à une lecture que quand elle me renvoie à des préoccupations internes, quand elle fait écho à quelque chose que je porte en moi; il faut que ce soit suffisamment profond, sinon je ne suis pas dupe je crois. Parfois le texte est juste distrayant, drôle. Il m’arrive aussi de me raccrocher car je sens bien que le texte a une portée que je suis incapable de saisir par manque de culture et de capacité d’analyse littéraire, comme c’est le cas quand je lis le Salambo de Flaubert ou pire, sa Tentation de Saint-Antoine. C’est alors comme si l’oeuvre recelait une secret précieux, et qu’en la lisant, je m’en rapproche, ce qui serait de nature à me donner de la valeur.

Au fond ici ou dans la vraie vie, il semble ne pas y avoir d’échappatoire à ce que l’on est.
Je n’arrive ni à faire face à ma profonde solitude, ni à me lier suffisamment aux autres; et ici je ne pourrai trouver autrechose que le miroir de cette solitude, et peut-être que je ferais mieux de me taire.

1er jour

Classé dans : Non classé — by isadora38 @ 1:49
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C’est la première fois que j’ouvre un blog et je me sens presque intimidée.

On est dimanche et il fait froid, très froid. Mes mains sont presque violettes et mes pieds sont glacés – c’est le prix à payer pour arriver à faire quelques économies de chauffage cette année. Il fait tellement froid que le thé que je me suis préparé refroidit beaucoup plus vite que d’habitude; à peine versé qu’il est déjà tiède.

Ce week-end je suis seule. Mes enfants sont avec leur père. Mes enfants sont trois, un garçon et deux filles. J’ai encore pesté contre ma plus grande qui laissé sa doudoune à la maison, avec ce froid! elle lui préfère le manteau léger de chez DKNY qui est certes beaucoup plus stylé et à son goût – il faut croire que pour elle avoir froid est une notion secondaire par rapport à celle d’être à la mode. Et moi de risquer de passer pour une mère incompétente.

Depuis début octobre je passe l’essentiel de mes we sans enfants seule; du vendredi soir au dimanche soir. J’essaie d’apprivoiser cette solitude, d’arriver à la vivre sans trop sombrer dans une humeur dépressive. Je cours par tous temps, je médite, je dépense le peu de sous que j’ai, je lis un peu, et vais au cinéma à l’occasion. Je voudrais aller voir L’Homme Sans Passé de Coppola. Et il y a de nombreux livres que j’aimerais lire. Quand j’aurai un appareil numérique je ferai une photographie des piles de livres que j’ai encore à lire chez moi, et j’en ferai une illustration de ce blog.

Récemment j’ai lu Lettre à D. de André Gortz. Je l’ai lu d’une traite, et l’ai trouvé d’une lecture facile et intéressante. Cette lecture m’a donné envie de lire d’autres livres de cet auteur. Avec le recul, je ne peux m’empêcher de penser que cette déclaration d’amour à sa compagne (j’ai envie de dire déclaration posthume) est presque celle d’un homme qui se réveille, regarde en arrière et se dit, cette femme qui est restée tout le temps à mes cotés, sans qui je n’aurais pas fait la moitié de mon oeuvre, comme j’ai été ingrat avec elle, trop dur, pour elle qui a tant porté, alors que je l’aimais à chaque instant. Ce qui me frappe dans ce livre, c’est qu’il est question d’Elle, mais en même temps, la femme n’apparaît qu’en filigranne, malgré de longues années partagées. Comme si une irréductaible séparation des êtres était au coeur de leur union. Cette femme reste “autre”; son intimité, son être nous échappe. Peut-être est-ce simplement de la pudeur. On devine un comportement extérieur lisse, mais quelles soufrances physiques elle a dû endurer!

Hier soir je lisais La Condition de l’Homme Moderne de Arendt; cela doit faire six mois que j’ai commencé cette lecture, sur les conseils d’un copains msn qui me disait “oui c’est d’une lecture facile…” pas pour moi apparemment; je trouve ce livre très riche en idées, même si je ne comprends pas tous les passages. Avec le recul je me dis que j’aurais dû prendre des notes, mettre sur un coin de papier les quelques idées que j’arrivais à appréhender.

J’estime ne pas pouvoir faire l’impasse sur la raison d’être de ce blog : je crois que c’est une tentative, sans doute assez vaine, de participer à l’aventure interntienne du monde moderne. On étale sa vie privée à un public d’anonymes – et encore, si j’ai la chance d’avoir quelques lecteurs – à défaut d’inviter du monde chez soi ou d’être invité et d’avoir une vie mondaine bien remplie. J’ai envie d’exister, d’être au-delà de la petite femme discrète que j’apparais aux autres, de la petite employée, collaboratrice de untel, la maman de E. (comme disent les camarades de classe de ma plus jeune fille quand je les croise dans la rue), et l’occupante de tel lopin de terre, de tel logement à tel numéro de telle rue.

Il m’apparait comme une manière de faire exister mon incessant bavardage intérieur – mais je ferais peut-être mieux de l’inciter à se calmer, cette petite voix. Ce même bavardage qui fait dire à mes professeurs, puis mon chef “Florence, tu rêves, tu es dans la lune” – et moi de leur répondre depuis peu – “mais il n’y a rien qui se passe”.

En même temps, je me méfie du déballage de l’intime, même s’il me tente terriblement. Je me souviens trop bien de ce qui s’est passé le jour où on ex-mari avait découvert mes carnets , mes tourments de l’époque, et le peu de place que je lui y accordait. Et pourtant je ne peux pas dire que je ne l’aimais pas. Au contraire, notre rupture fut un déchirement.

La découverte de l’intime n’est jamais anodine; je détiens le journal de mon arrière-grand-mère; vers l’âge de 20 ans elle a noircit une vingtaine de pages. Elle y écrit avec sincérité. Sa mère lui avait offert ce cahier, et avait laissé en préambule le poème suivant http://www.recmusic.org/lieder/get_text.html?TextId=7167, sauf que le titre était “Schweige Still” garde le silence, tais-toi, ne te fies qu’à Dieu jamais aux hommes. Sur la denière page écrite du journal, figure quelques lignes écrites par un homme au crayon à papier “Noch Ganz errschüttert von die Lectüre dieser Seiten, will auch ich versuchen, Ihre, Jenerste zu entsagen; wergessen werde ich Sie nie! … Herbst 1915″. Cet homme avait dû connaitre mon grand-père qui avait 10 ans en1915 mais n’était pas son père. Son existence a longtemps été cachée et nous ignorons son nom.

Bonjour tout le monde !

Classé dans : Non classé — by isadora38 @ 9:27

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