Si je reprends ce blog aujourd’hui, c’est pour y écrire ce que je voudrais écrire à mon amant, ou futur ex-amant, mais que je ne peux faire sous peine d’envenimer les choses. Je crois qu’il ne peut pas lire ce que je lui écris, ni entendre mes colères dès qu’il s’agit de moi, de lui, de notre relation.
Lui, je vais l’appeler M. Moi, dans cette histoire, depuis qu’elle a repris alors qu’il s’était marié, je me nomme Ursula.
Il est juif, pratiquant; je suis chrétienne.
Quand je l’ai rencontré, il était célibataire, mais il voulait encore « jouer », et moi aussi.
En réalité, je pense qu’il avait déjà rencontré sa future femme, qu’il n’était pas emballé, mais qu’il savait ce qu’il faisait.
Dès notre première rencontre, je l’ai désiré comme rarement j’ai désiré un homme.
Le dernier en date à m’avoir fait pareil effet était aussi juif. Je dois avoir un truc avec les hébreux, ou être irrémédiablement (rien n’est irrémédiable) attirée par les histoires qui ne peuvent déboucher sur rien de concret autre qu’un aventure ou liaison officieuse et non-officielle.
Au bout de même pas trois mois, j’avais mis fin à la relation car M me répétait chaque fois que l’on se voyait soit que je devait me trouver un vrai jules, soit qu’il devrait me laisser le jour où il rencontre une juive qui corresponde à ses critères. Cette rutpure fut dure, l’année qui s’en suivit aussi.
Je me suis vue en Cléopâtre le jour où l’on lui annoncer l’union d’Antoine et d’Octavia : « Madam, he’s married to Octavia » – « The most infectious pestilence upon thee! » – « good madam, patience! » – « What say you? » – « Hence, Horrible villain, or I’ll spurn thine eyes like balls before me! I’ll unhair thy head! [she hales him up and down] Thou shalt be whipped with wire and stewed in brine, Smarting in lingering pickle! »…. »He’s married Madam. – Rogue, thou hast lived too long! » … cette scène de » fureur de jalousie correspond exactement à ce que j’avais ressenti après ce déjeuner de mars; il partait à Toronto pour les fêtes de Pâques, mais j’avais aussi compris qu’il allait se marier, qu’il y allait à reculons, qu’il n’avait pas pu me le dire. Que de larmes de rage ont alors coulé sur mes joues.
Trois mois après son mariage, et très peu de temps après la conception de son fils, M s’est réinscrit sur le site de rencontre où nous nous étions croisés la première fois. J’ai commencé à nouveau, et sous couvert d’anonymat à échanger avec lui environ 6 mois après. Il expliquait que pour des raisons médicales, sa femme ne pouvait faire l’amour, et qu’il recherchait une amante jusqu’à ce que sa femme puisse recouvrer la totalité de ses aptitudes…
Quand je l’ai retrouvé de visu, à déjeuner, il me parut exangue. Il me fit une cour élégante, douce et attentionnée pendant deux mois environ; puis nous avons glissé doucement et sommes redevenus amants. Je le désirais encore, j’avais entammé une autre relation mais qui elle aussi n’avait aucun avenir et était en pointillé. Rien de mieux ne s’offrait alors à moi.
S’est alors ouvert une phase relativement heureuse et stable qui a duré 18 mois. Est-il utile de parler de ce bonheur là? ma mère m’avais trouvé épanouie et en forme, c’est tout dire non?
j’en dirai davantage peut-être mais plus tard.