Eté 2006; je passe mon habituel mois d’août sans mes enfants à Paris. Aucun amour d’été ne se profile à l’horizon, tout au plus deux aventures dont l’une sans intérêt. Je vais assez mal.
Je me rends régulièrement dans une librairie ésotérique et spirituelle près de mon lieu de travail. Je fouine sans trop savoir ce que je cherche. J’élimine souvent des livres qui ne me semble que supercherie. Je m’intéresse pas mal aux livres traitant de la sexualité; peut-être d’autant plus que je fais rarement l’amour depuis l’été 2000(depuis 2003 une petite dizaine de fois par an en moyenne? avec plus sur une période de 9 moi en 2005) , ie depuis que je ne suis plus avec le père de mes enfants – je ne devrait jamais le dire ou l’écrire, toute forme de misère (affective et sexuelle dans ce cas) joue toujours comme un repoussoir. Une jeune iranienne (rencontrée via mon ami manouche, car elle avait essayé de séduire un ami à lui qui était fort beau, mais il s’était trouvé que c’état moi qui lui plaisait et non elle) m’avait expliqué qu’il faut toujours dire qu’on est super entourée, qu’on a pleins d’amis, même quand ce n’est pas vrai; elle a raison; je suis un bébé naïf.
Et un jour je tombe sur le livre de Mantak Chia “Sexualité Féminine – le Tao de l’amour retrouvé”. Je suis séduite, fascinée. J’ai le désir d’essayer, de mettre en pratique, d’explorer. Evidemment je commence par le commencement qi est expliqué dans le livre : la mise en place de l’orbite micro-cosmique. Il n’y a rien de sexuel là-dedans. Il s’agit d’une forme de méditation. Je me mets à faire un peu de méditation tous les matins. J’achète d’autres livres sur la méditation taoiste : Méditations du Tao (presses du Chatelet) et Le Silence du Dragon – Santé, énergie et méditation selon le Tao (Gerard Edde).
J’essaie de mettre en pratique; car je comprends assez vite, que l’essentiel tient non pas dans la lecture et l’assimilation de livres mais dans la seule pratique du “s’assoir en paix”, du “non-agir” etc…
Mais le seul exercice de la méditation en solo ne suffit pas à m’aider à trouver la paix en moi. Une belle rencontre me chamboule un peu, et quand je rompt, jugeant la situation impossible et insupportable, je suis sens-dessus-dessous comme jamais depuis la séparation d’avec le père de mes enfants. C’est à ce moment que sur une impulsion, je décide de me mettre au yoga. ça commence par un contact avec une personne exerçant au centrede lîle Saint-Louis (http://www.espace-saint-louis.com).
Je me mets au Yoga et au Qi Gong. Je commence à aller mieux. Je découvre à quel point esprit et corps interagissent l’un avec l’autre. J’apprends que je peux faire taire mon bavargdage intérieur incessant, pour laisser place à autre chose, mais que cet exercice m’est difficile. J’apprends à mieux respirer. Les choses changent impreceptiblement. Cela prend du temps. Les émotions sont comme des vagues;lorsque j’arrive à prendre conscience d’une émotion à un moment donné, je découvre qu’il y a mon soi, et l’émotion, et je fais moins bloc avec elle; elle est là, fait partie de moi et en même temps n’est pas “tout” moi; ce qui était l’impression que j’ai longtemps eu.
Automne 2007, nouveauté: je me mets à vouloir apprendre des textes par coeur, comme les enfants à l’école. Je pensais que je n’en avais plus les moyens, et je me trompais. Je commence par celui-ci :
Quand le Tao prédomine dans le monde, les chevaux sont rendus aux paysans pour cultiver les champs.
Quand le Tao ne prédomine pas dans le monde, même les juments pleines servent à la guerre.
Il n’est pas de plus grand crime que l’avidité.
Il n’est pas de plus grand désastre que l’insatisfaction.
Il n’est pas de plus grande défaite que la convoitise.
Ainsi, celui qui est content d’être content sera toujours content.
(Lao Tseu)
je poursuis, j’apprend d’autres textes qui me parlent et je me les récite comme des mantras, pendant mes séances de footing ou dans les transports en commun.
Le suivant me parle très concrètement :
Dans tous tes actes, prends conscience de l’instant présent. Oublie le poids du passé, la peur de l’avenir. Evite les questions, les hésitations, l’incertitude. Si tu entends être heureux(se), soit présent(e) à toi-même, en accord avec le monde qui t’entoure, en communion amoureuse et fervente avec l’instant, sans perdre ta lucidité.
ou celui-ci encore :
Les territoires intérieurs sont parsemés d’embûches et de pièges. Ce sont les mannies, les mauvaises habitudes, les blessures de l’âme jamais guéries. Descend en toi muni de la lampe du Tao. Prends conscience de la merveilleuse avanture qui s’offre à toi. Il n’y a pas eu d’autre voyageur avant toi.
et bien d’autres.
Dans la même veine, j’ai voulu me replonger un peu dans la Bible. Après mon divorce, je n’arrivais plus à ouvrir ce livre; chaque fois que je lisais des lignes qui pouvaient être interprêtées de manière culpabilisante, je me sentais agressée, mal. La phrase qui résonnait en moi était Vanité des vanité… j’ai lu et relu l’Ecclésiaste, les Proverbes, mais cette fois-ci à la lumière du Tao : ça change tout. L’état d’esprit (et même l’état émotionnel) avec lequel on aborde ces texte modifie le regard que l’on porte dessus. De l’Ecclésiaste j’ai appris quelques très courts passages. Ils me parlent.
Avant quand je lisais que la femme était amère, je le prenait comme une phrase machiste au sens littéral; or ce n’est pas la femme qui est visée, mais l’homme qui court après toutes les jolies femmes, les unes après les autres et/ou en parallèle, sans jamais en rendre heureuse une seule. mais là aussi je tombe dans une moralisation stupide, le jugement de l’autre qui n’a pas lieu d’êre.
“…Tout ce que ta main trouve à faire, fais le de tout ton pouvoir, car dans le Royaume des morts où tu vas, il n’y a plus ni travail, ni science, ni intelligence, ni sagesse.
…”
sur ce il est temps que j’aille mettre cette dernière phrase en pratique, j’ai une maison à tenir, des enfants à élever!